Du feu, une descente aux enfers dans des traumas d’enfance, une transformation aviaire, un jeu-concours et Élyse en rockeuse : juin part en fou aux Chefs!
La semaine dernière, Colombe frappait aux portes du matin…
Toc toc toc! Notre mentore a réveillé tout le monde à 4 heures du matin pour aller mégasiner dans un IGA de banlieue avant que les boomers arrivent en gang pour taponner tous les avocats pis finir par dire «ah anyway, on fera pas de gouékamolle cette semaine, j’ai busté mes points WeightWatchers». Les aspirants-chefs ont eu une poignée de petit change, un caddy d’épicerie à pousser en courant pis 15 minutes pour mettre la main sur tous les ingrédients d’un défi terre et mer.
Défi weird où David a pris des champignons et du flétan, les juges étaient pas sûr·es, pis nous on a passé tout le défi à faire cette face-là.
Ou cette face.
On a fini l’épisode du quart de finale le cœur brisé, agitant un petit mouchoir en tissu plein de morve pour dire adieu à notre pref’. Parce que David, il est pas fâché de perdre, il est «trop vraiment pas content», pis il le dit avec le sourire. Notre pref’. Dans nos salons, la mer fut donc les larmes salées que nous avons versées en le voyant quitter la brigade, et la terre fut le sol sur lequel est tombée la table qu’on a flippée parce qu’on a skippé notre atelier de contrôle des émotions cette semaine. Les trompettes de la mort (avec du sable dedans) ont sonné pour la présence de David aux Chefs, mais quelque chose nous dit qu’on va sûrement le revoir quelque part bientôt. Si ce n’est pas dans un restaurant, ce sera dans une soirée Meurtre et Mystère chez un couple d’amis en banlieue.
«Qui a bonne tête ne manque jamais de chapeaux», lui a dit Colombe. Mais nous, on sait dans quel chapeau on le préfère.

Cette semaine : nourrir pour le Canada

Quand notre reine suprême, AKA Madame la Marquis, sort son look de p’tite bum en coat de cuir, on sait que le sujet est sérieux. Non seulement c’est la demi-finale ce soir, mais on nous promet d’explorer «les richesses du terroir canadien», comme la plotte mauricienne et le shish taouk haligonien avec de la sauce au Eagle Brand.
Déception : sous les trois cloches, point de cerises cueillies par un cégépien québécois en année de break dans la vallée de l’Okanagan, de pêches ontariennes dans un truck réfrigéré conduit par un dude qui a encore son collant du convoi de la libarté, ni de tomates locales récoltées par des Guatémaltèques sans assurance santé ni conditions de vie décentes. On a par contre des huîtres malpèques de l’IPE, du caviar d’esturgeon du Nouveau-Brunswick, du saumon chinook de la Colombie-Britannique pis une pinte de pétrole de l’Alberta, avec un morceau de bison. Bref, touttes des zaffaires qu’on a l’habitude de cuisiner un p’tit lundi soir relax. Élo est découragée, parce qu’elle n’a pas eu le temps de finir sa thérapie pour venir à bout de son traumatisme d’huîtres. Les gars, eux, sont déjà en train de taponner le bison cru pour voir s’il est bien mûr.
Là, prenez votre calculatrice, quatre radio-réveils Casio avec des chiffres lumineux et un bloc-notes, parce que l’explication va y aller aux toasts avec Élyse :
- Les aspirants-chefs auront deux heures pour cuisiner les trois plats, sauf que…
- Tous les plats d’un même service seront servis en même temps au lieu de l’un après l’autre, ce qui fait que…
- Les juges goûteront au fur et à mesure devant tout le monde, ce qui veut dire que…
- La twist, c’est que les aspirants-chefs devront choisir elleux-mêmes combien de temps iels passeront sur chaque service, pis que…
- La shout, c’est qu’iels pourront pas changer d’idée en cours de route avec le chrono, alors que…
- Colombe va les faire commencer en canon de Pachelbel, selon un savant calcul mathématique pour que tout le monde finisse en même temps sur la même note, et les juges considèrent que…
- Ce sera exclusivement de la faute des candidat·es si le temps est mal géré, pis on pourra leur mettre le nez sur le chrono comme un chiot dans son popi pour leur montrer.
Colombe, horloge-coucou-en-chef, va passer le reste de la soirée à dire qu’untel commence dans cinq minutes, et qu’un autre dans 5-4-3-2-1, et qu’un troisième est mieux de se tenir prêt parce qu’il commence dans le chiffre pi multiplié par la somme de tous les nombres premiers entre 1 et 100. Avez-vous suivi? C’pas grave, on va rappeler le principe du chronomètre trois fois dans la soirée, vous devriez finir par catcher à un moment donné.
Et c’est parti pour «la grande soirée canadienne!» lance Colombe en dansant un set carré tout en chantant une toune grivoise pas subtile pantoute pendant que toute la parenté âgée avec pas beaucoup de dents sur des chaises berçantes carreautées applaudit en répondant.
Une fois un gars des Maritimes [Une fois un gars des Maritimes]
M’a dit enwèye ma belle dans ma barque [Enwèye dans sa barque]
M’en va te faire manger une huître que j’ai pêchée [Manger une huître qu’y’a pêchée]
Pêchée à matin quand le soleil était haut et le bois dur [Il avait le bois dur]
Pis ma belle, me dit le pêcheur [Dit le pêcheur]
Ça goûte-tu le bord de mer dans ta bouche [Dans ma bouche]
Tamdidelam tourlou tututu troulalalère Troulalalère tamdidelam tourlou dans l’trou
Ça goûtait le bord de mer
Pis j’ai pu jamais voulu mangé d’huîtres [Pu voulu manger d’huîtres]
Astheure môman, c’est des moules sul’ menu Tamdidelam tourlou trutte trutte!
— Le pêcheur de Cloridorme, chanson à répondre interprétée par Madame Brisson Junior
Le temps que les concurrent·es planifient le chrono à allouer à chaque plat et se remettent de la chanson à répondre késhonne, Élyse explique que si on trouve le mot qui est l’indice gagnant du concours de commanditaire, on pourrait partir vers Paris sur les zailes dudit commanditaire. Ça nous inspire un concours de notre cru : si vous trouvez dans ce texte le mot qui est l’indice gagnant, vous courez la chance de partir vers la destination de votre choix à la fin de votre lecture, soit votre salon, votre cuisine ou votre salle de bain, selon si vous avez envie de relaxer, de grignoter ou de pisser. Bonne chance!
Zuîtres, comme dans quatplusquatçafait
Élodie a beau faire de son mieux, elle ouvre ses huîtres avec la dextérité d’un proprio qui repeinture ton appart avec des coups de pinceau sans enlever les switchs pour pouvoir monter le loyer mais s’en crisse pas mal si c’est beau ou pas. Et pour citer notre Élyse : «Oh…»
Alors que Ronan se fait aller la petite râpe au-dessus de ses huîtres, les juges déclarent que le fromage «c’est même pas nécessaire». Du fromage inutile? On n’a jamais dit ça avant, mais… ça se pourrait-y qu’iels sachent pas de quoi iels parlent, les juges? On n’a peut-être pas d’empire en restauration ni Ricardo sur le speed dial, mais on sait de source sûre que le fromage, c’est toujours nécessaire.
Le chronomètre arrive à zéro, et c’est le temps d’une première jugeation.
Avec quatre concurrents seulement à suivre, l’émission aurait pu nous offrir plus de temps avec chacun·e, pour qu’on les voit élaborer leur recette dans le détail et moult explications. Or, ce serait nous priver de ce pourquoi on est là pour vrai : regarder quatre adorables chefs mâcher, babouner, puis chialer qu’y’a trop de sel, pas assez de sel, pas assez de raffinement, trop d’ingrédients et que les concombres sont pas tous tranchés de la même grosseur, checke celui-là il est un millimètre plus gros que l’autre, avant de déclarer que «ça va se jouer sur des détails» ou «moi mon choix est fait». Skippons donc l’explication pour aller direct dans le vif du chialage!
Jugeation première
Élodie : huître chaude poireau et porchetta, avec poireau croustillant et caviar.
«C’est trop salé», déclarent en chœur les quatre juges, en se mettant du lypsil et en calant deux grand verres d’eau tout en sachant très bien qu’iels vont se réveiller en pleine nuit la bouche comme du papier sablé l’oreiller tout mouillé de bave avec une haleine de porchetta et caviar.
Raphaël : huître frite avec mayonnaise de style suvalik, et le caviar à l’intérieur.
Style… suvalik? Comme on le sait tous·tes, pas besoin de googler, faites-nous confiance, on est des foodies, cette mayonnaise aux œufs de poisson a été inventée par le joueur de hockey Valeri Suvalik, originaire de Génovie, qui était sur le troisième trio du National de Québec durant la saison 1984-1985.
Ronan : huître gratinée avec épinards noisette et citron, béchamel au jus d’huîtres fumées et caviar sur le dessus.
Pour la première fois depuis longtemps, le produit a été… disons-le ensemble… [Caro, Mathieu et tout leur lectorat forment une formidable chorale à rendre jalouse celle de We Are The World] REPECTÉÉÉÉÉÉÉÉ.
Michael : huître frite tempura avec une sauce chimichurri à l’asiatique et caviar d’esturgeon par-dessus.
Les juges sont unanimes : il était vraiment très bon, son chimichurri.
Un excellent chummytchourri.
— Juge BoulayUn déclieux Johnny Souris.
— Juge IsabelleUn délectable chem-cheminée chem-cheminée chem-chem churri.
— Juge PasqualeUn superbe chicoutimichurri.
— Juge Laprise
Le saumon chinook, qui voit la Russie de chez lui
Pendant qu’Élyse demande pas du tout subtilement aux juges de lui parler comme ça, casually, des particularités du saumon chinook et qu’on apprend qu’il vit de la Californie à l’Alaska, un peu comme un couple en #vanlife, les trois semi-finalistes continuent de salir de la vaisselle à qui mieux mieux pour ce deuxième service.
Michael fait une «eau de tomate», qu’il se met à fouetter comme un fou furieux car, explique-t-il, il veut «faire de petits nuages». Après avoir vérifié qu’il ne faisait pas un AVC, la production l’a laissé continuer.
Ronan, lui, maximise son poisson en servant aussi la peau, en plus d’ajouter une petite sculpture en arêtes de poisson dans chaque assiette et un mobile de bébé avec les têtes. Y’a un bébé de production qui va faire de beaux rêves saumonés!
Jugeation deuxième
Élodie : carpaccio de saumon avec une vinaigrette argousier-érable, salade de chou-fleur et haricots, un mesclun d’herbes et des câpre frits.
L’argousier, ce fruit qui pousse exclusivement dans les pantrys de restaurants, est de retour après une absence prolongée. Il le fait malheureusement dans une assiette qui contenait plus de déception que d’assaisonnement.
Raphaël : ventre de saumon torché avec fenugrec, moutarde et carvi, sur une sauce au lait de coco et chou-fleur.
Si les juges ont été épaté·e·s qu’il se soit torché le ventre de saumon, iels l’ont moins été par un triumvirat de «trop d’éléments, trop de sauce, trop de garnitures». On ne va pas leur apprendre la vie, mais c’est généralement ça qui arrive quand t’es torché.
Ronan : tartare de saumon aux algues laitue de mer, crémeux d’avocat et petite salade d’herbes fraîches.
Les juges avaient si peu à dire de ce plat que juge Boulay a simplement répété ce que c’était, avant de conclure que ça manquait d’assaisonnement. On va donc simplement répéter que ce tartare de saumon aux algues laitue de mer, crémeux d’avocat et petite salade d’herbes fraîches manquait d’assaisonnement.
Michael : tataki roulé dans une chapelure d’herbes avec des nuages d’eau de tomate et fenouil en purée et en salade.
Astucieux, Michael a fait une petite spirale de sauce au fond de l’assiette, afin d’hypnotiser les juges. Est-ce que ça a fonctionné? Normand s’est bien mis à caqueter comme une poule, mais les autres juges ont quand même trouvé qu’il y avait trop de chapelure et pas assez d’acidité.
Bocbooooooc!
— Normand
On va profiter que t’es sur le gros stress pour te vendre de quoi
Là, ce qui va arriver, c’est que ce texte va passer directement au Colombarium, sans passer ni par Go, ni par le bison (tu manques un assez hilarant photoroman d’oignons qui brûlent), ni par la dernière jugementation, ni par le duel.
Le bout de texte qui manque est réservé aux abonnements payants de notre Substack.
On t’explique ici comment ça fonctionne, et tout ce que tu vas recevoir pour tes 5 piasses (ou plus, ou moins). Ne pas en profiter, c’est comme vivre dans une baboune de Pasquale jusqu’à la fin des temps.

Au Colombarium (courage, ça achève)
Colombe nous montre comment profiter des feux de forêt pour se faire un p’tit snack. Suffit de récolter du road kill essayant de fuir le brasier (ici du bison saisi)(saisi à la fois d’étonnement et sur le grill), de voler du cèdre dans la haie de votre voisin, de pitcher une poignée de poivre des dunes (si vous n’en avez pas, mettez du Club House) et de hot boxer le tout dans une grosse pan.
Allez, zou!

Pis pour la finale dans 7 dodos…
La semaine prochaine : les trois finalistes auront à cuisiner un menu gastronomique quatre services qui respecte le thème des quatre saisons, avec une entrée froide comme un printemps qui finit jamais par arriver câlisse, une entrée chaude comme un été de canicule montréalais extra changements climatiques, un plat principal aux couleurs de l’automne (brun comme le tas de feuilles que t’as jamais fini par ramasser avant l’hiver) et un dessert glacé qui va fondre quand y va mouiller dessus deux jours avant Noël. On salive déjà!




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